Hip Hop : Quel lien y-a-t-il entre Dieu et le Rap ?
(Analyse philosophique des sources de la musique noire, du hip hop et du rap.)
Si l’on tient compte des récits émanant des Livres des religions dites monothéistes (Judaïsme, Christianisme, Islam), on constate que c’est par la Parole que Dieu a crée l’univers et tout ce qui vit.
Cette Création par le Verbe, implique que le nom de chaque être a été prononcé par Dieu, selon une intonation précise (rythme) au cours de son désir de faire naître le monde.
Cette Parole Créatrice implique que le monde n’est que le résultat d’une énumération verbale d’essence divine. La Parole et uniquement la Parole a suffit pour donner la vie et engendrer le monde.
Mais qu’est ce que le rap ? N’est-ce pas cette primauté donnée à la Parole Créatrice ? L’essence même de cet art ressemble étrangement à cette Création par le Verbe accomplie par le Démiurge.
Si seulement ceux qui prennent cette voie de la « Parole », avaient conscience de la noblesse et de l’aspect sacré de cet acte : rapper ! Ne dit-on pas du rappeur qu’il a un don. Mais d’où vient ce don ? Au service de qui et de quoi doit-il mettre son don ?
Aussi, compte tenu de la dévalorisation quasi-générale de la musique noire par nos jeunes sans connaissance de leur culture ancestrale, il convient de rappeler les origines du rap et de la musique dans le 1er Livre Monothéiste Sacré de la planète, celui de l’Afrique !
- Comment nos ancêtres percevaient-ils la musique ?
Les peuples d’ascendance africaine ont toujours eut une très haute perception de la musique et du chant et cela depuis l’époque pharaonique. Chansons populaires ou sacrées, les paroles misent en musique revêtaient des genres différents selon leur finalité sociale et culturelle : Chants liturgiques (pour les cérémonies religieuses), chants pour le travail (semailles, récoltes, construction d’une infrastructure…), chansons familiales (mariage, naissance, berceuse…), chansons populaires (fêtes, contes, deuil…), etc.
Les Kamites de la période pharaonique (Egyptiens) célébraient chaque année une multitude de fêtes, religieuses ou non, qui leur permettaient d’organiser des concerts, des cérémonies théâtrales et autres réjouissances populaires.
En égyptien ancien, le terme désignant ces fêtes populaires est “hb” . Le terme “hm” s’appliquait en particulier aux cérémonies liturgiques. On retrouve cette distinction en langue Zoulou par exemple, avec les termes “gubho” pour “fête populaire” et “goma” pour “fête religieuse”.
- Mais intéressons-nous quelque peu au savoir des Dogons pour mieux saisir les racines africaines de la musique noire et du rap.
Selon les prêtres Dogons, la Parole est à l’origine créatrice de toutes les formes de vie. “Du Verbe de Dieu est issu l’atome de l’univers d’où sont sortis tous les êtres“.
G. Calame-Griaule et B. Calame, résument ainsi la philosophie des Dogons. Ils sont à l’initiative d’une vaste étude menée à partir des résultats des recherches faites sur le terrain par M. Griaule et G. Dieterlen (1950).
“La première de toutes les paroles prononcée par Nommo (la Divinité) exprimait l’idée même de “parole”. Cette première parole, disent les Dongons, “se manifesta sous la forme d’un battement régulier qui fut le premier rythme, les Dogons l’appellent “la Mère des Paroles“.
La suite de l’analyse nous fournit les raisons de l’existence aux Antilles de phrases en kréyol du type : I ka fè klarinet’ la palé fwansé ! (il fait la clarinette parler français). Pourquoi vouloir associer le son d’un instrument à l’idée d’une parole prononcée ? D’où vient cette idée ?
Chez les Dogons, “tout rythme musical produit par un tambour ou tout autre instrument peut être traduit en formules types qui représentent la parole de cet instrument, elle-même interprète de la voix du moniteur ou des ancêtres réglant la marche du monde“, nous disent nos chercheurs. Ainsi jouer d’un instrument pour le kamite, c’est en fait le faire “parler“. Musique et Parole sont un tout car les instruments ne sont que les porte-paroles du divin (Nommo) ou des ancêtres lumineux séjournant près du divin, qui “continuent à assurer le maintien en équilibre de l’univers et de la société des hommes“.
La musique comporte encore la vertu prodigieuse de féconder et de vivifier “car elle est de la même essence que l’eau, source de vie“. Les Dogons affirment que cette substance subtile est logée à l’état latent dans le corps de l’homme “en compagnie des huit graines qui constituent les principes vitaux de la personnalité“.
L’art du poète ou du chanteur consiste à rendre la parole fécondante et vivifiante. A ce titre, la musique est aussi utilisée en Afrique dans le cadre de la médecine pour guérir (ou plutôt vivifier) les malades. Le couple parole/musique est ainsi à la base de toutes les conceptions musicales et cosmologiques négro-africaines.
L’émetteur naturel de la parole, selon les Dogons, nous disent encore G. Calame-Griaule et B. Calame, est “constitué comme une forge symbolique, dont le foyer est le cœur, rouge et palpitant comme le feu. Le foie, au niveau duquel se passent d’importants échanges biochimiques, est semblable à un récipient dans lequel l’eau, chauffée par le cœur, entre en ébullition et se transforme en vapeur, légère en cas de bonnes paroles, brûlantes dans le cas de mauvaises. Projetée à l’extérieur par les poumons qui jouent le rôle de soufflets, la vapeur se dirige en suivant une ligne hélicoïdale qui est celle de la vibration créatrice et pénètre par l’oreille de la personne de l’auditeur. Suivant en sens inverse son chemin initial, elle condense et redevient liquide. Elle est alors acheminée par les différentes parties du corps“.
Conclusion :
La Parole (Verbe/Rap) doit donc être créatrice de vie car telle est son essence originelle.
Elle doit contribuer à broyer l’énergie négative tourbillonnant en chacun de nous pour faire naître un nouvel être dynamique, créateur à son tour de formes de vie.
P.-s:(Cet article est pris de Africamaat.com que je vous conseille de tout coeur de visiter afin de trouver des articles importants.)











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